Nous avons appris avec tristesse que Philippe que nous suivons depuis plus d’un an dans son aventure à vélo à travers l’Afrique, est tombé malade. Totalement épuisé par une forme aigüe de la malaria (paludisme), il doit interrompre son aventure et va rentrer en France pour se soigner. Voici un extrait de ses derniers messages :
« Ces derniers kilomètres vers Lomé furent un calvaire. Ils ont permis de mettre un terme à ma longue réflexion. La conclusion en est la suivante : j’ai pris la décision de finir ici mon voyage et de rentrer en France. Je vais consacrer mes prochains jours à rechercher le moyen le plus économique de rentrer et, bien sûr, à me remettre en forme. Je sais que cette décision va décevoir beaucoup de monde, j’ai d’ailleurs essayé d’en faire abstraction dans ma réflexion. Elle me déçoit aussi, elle me laisse un goût amer, une sensation d’inachevé. Mais dans cette réflexion, j’ai privilégié ma santé et je sais que ceux qui ont vécu cette mauvaise expérience de la malaria me comprendront. À bientôt les amis … »
Nous vous tiendrons informés prochainement du retour de Philippe et de Pierrot qui l’accompagnait ne l’oublions pas.
Les 600 km qui séparent Kedougou de Bamako ont été avalés en une petite semaine, aidé en cela par une bonne route fraichement construite. Certaines portions sont encore en travaux et la traversée d’une rivière fut l’épisode de ce qui semble m’attendre tout au long de mon voyage: j’ai dû verser un pot de vin de … 1,50 euro (!!!) à des gardiens de chantier pour me laisser passer le pont inachevé et interdit aux 2 roues. Moi qui m’étais promis de ne jamais céder à ce genre de pratique, c’est maintenant la 2ème fois que je suis victime d’un tel chantage. Mon entrée en Gambie avait déjà été mon baptème du feu. Il m’en avait couté 10 euros, tout de même, au bénéfice d’un douanier tellement affectueux qu’il avait décidé de me garder plusieurs heures à ses côtés.
A Bamako, j’ai eu la chance d’être hébergé 6 jours chez la nièce de mon ami Iddy: Larba, et son mari Sidi, douanier (!!!) de son état et dont je n’ai pas eu besoin de graisser la patte pour qu’il m’invite à rester chez eux.
Une vrai salle de bain, de l’electricité 24h/24, de succulents repas … bref, j’étais comme un coq en patte.
J’ai quitté Bamako dimanche et je suis maintenant arrivé à Segou, 220 km plus à l’est. Je compte rester au moins 2 nuits ici, histoire de célèbrer mes 10000 km, après quoi je reprendrai la route pour Mopti, puis le pays Dogon, avant d’entrer au Burkina Faso. Mais c’est une autre histoire.
Je suis dans les starting-blocks. Voilà maintenant 4 jours que je me repose à Kedougou, au sud-est du Sénégal, chez mon nouvel ami Iddy. Sa famille et lui m’ont accueilli comme un prince, mais je dois malheureusement les quitter. C’est la dure loi du voyageur. Je reprends la route cet après-midi pour quelques kilomètres de remise en jambes puis je passerai la frontière Malienne demain.
Ce repos m’a fait le plus grand bien, après 3 semaines à pédaler quasi non stop, notamment en Guinée-Bissau. J’en ai profité pour effectuer des réparations qui s’imposaient sur le vélo. Une révision des 10000 km en quelque sorte. Tout est ok à présent et je peux sereinement aborder les prochains 10000.
On se retrouve dans une semaine à Bamako. Ok ?
La notion de temps est relative et nous avons tous déjà eu la sensation qu’il passe plus vite à certains moments qu’à d’autres.
Alors que ma vie n’est plus rythmée par les horaires et les weekends, chaque jour qui passe n’est pas estampillé d’une référence calendaire et autant te dire que je n’avais pas réalisé à quel point mon absence avait duré aussi longtemps. Une absence justifiée par le fait qu’il ne se passe rien de bien palpitant depuis quelques semaines et que par conséquent je n’éprouve pas le besoin de coucher sur le clavier mes journées de farniente.
La dernière fois qu’on s’est parlés, je t’expliquais que je passais du bon temps au bord d’une piscine pour récupérer physiquement de ma traversée du désert (au sens propre du terme). Après cinq jours de ce oisif régime, je quitte Saint-Louis, direction le Lac Rose à 200 km plus au sud. Il est ainsi nommé eu égard à la couleur de ses reflets, encore qu’ils me paraissent plutôt d’un marron/orange indéfinissable. Il faut croire que le rose est plus vendeur question marketing.
L’endroit est assez sauvage et pas très peuplé mais il accueille bon nombre de touristes en pleine saison.
Je plante ma tente près du terrain où vit Aminta, une femme hollandaise vivant au Sénégal depuis 25 ans. Elle possède quelques chevaux et organise des randonnées aux alentours. J’ai fait sa connaissance via le site internet Couchsurfing, un site très populaire qui met en relation voyageurs et « hébergeurs bénévoles ». C’est la garantie de rencontres chaleureuses et désintéressées financièrement. Une sérieuse concurrence aux maisons d’hôtes.
Cinq autres personnes d’origine espagnole, malienne et sénégalaise sont également accueillies dans ce campement dépourvu d’électricité et d’eau courante. Un véritable retour aux sources. Ce melting pot me retient six jours alors que j’ai initialement prévu d’en passer deux, tout au plus. Il me faut faire preuve de beaucoup de volonté pour m’extirper de ce paradis et reprendre ma route pour Dakar où je dois retrouver Gisèle (si tu n’as pas tout suivi, je te rappelle que Gisèle est la jeune femme sénégalaise dont j’ai fait la connaissance à Fés/Maroc).
La Capitale sénégalaise est comme je me l’imaginais : grande, tumultueuse et polluée. Un contraste saisissant avec le Lac Rose.
J’élis domicile au Cercle de Voile (CVD) où, moyennant la modique somme de 2000 CFA (3 euros) par jour, j’ai le droit de planter ma tente et de bénéficier des sanitaires/cuisine. Quelques tentatives de sortie pour visiter la ville m’ont confirmé que je n’aime pas Dakar et je passe donc le plus clair de mon temps dans le club qui ressemble à un village de résistants gaulois au milieu de l’empire romain. Je reste en compagnie de marins, à écouter leurs histoires de voyages. Leurs récits me donnent des idées pour un avenir lointain et … imminent, car sans plus attendre je saisis l’opportunité qui se présente à moi, en la personne de Luc, voyageant seul sur son voilier de 11 mètres et devant partir en Casamance prochainement, à 150 miles nautiques vers le sud.
Le temps de quelques semaines, Cyclafrica deviendra Voilafrica.
Je décide de laisser le vélo au CVD et j’achète un sac à dos qui me permettra de visiter plus aisément la Casamance dont certains recoins sont inaccessibles pour un cycliste.
La traversée est physiquement éprouvante. Nous naviguons 50 heures avant d’arriver au village de Dioga, à l’embouchure du fleuve, nous relayant pour barrer non-stop, vu qu’il n’y a pas de pilote automatique et que le régulateur d’allure est rendu trop imprécis par les imposantes vagues.
Luc reste à Dioga où il a été adopté par la population depuis 2004. Après 48 heures de repos, il est temps de nous séparer et j’attrape au vol un catamaran de 14 mètres pour rallier Ziguinchor, à 30 miles nautiques de là. Jean-Jacques (le capitaine), Muriel (sa femme) et Christian (le mousse) sont de jeunes retraités qui projettent de traverser l’Atlantique avant la saison des pluies (juillet/août) à bord de leur palace flottant.
A Ziguinchor je retrouve Olivier dont j’ai fait la connaissance au CVD. C’est depuis son voilier que j’écris ces lignes. Il m’héberge à son bord pour deux nuits puis je retrouverai le plancher des vaches.
Je m’accorde de deux à trois semaines pour sillonner la région puis retourner à Dakar, j’ignore encore par quel moyen. Il sera alors temps d’enfourcher ma fidèle monture et poursuivre le voyage plus en accord avec le cahier des charges de Cyclafrica.
Petit bémol cependant : la saison des pluies qui va bientôt pointer son museau et risquer de contrarier ma progression.
A bientôt …
Philippe

Autre pays … autre décors ?
Le Sénégal ne m’a pas encore dévoilé ses charmes. Il faut dire que j’ai passé la frontière avec la Mauritanie hier (27 mars), tard dans la soirée, et j’ai effectué les 32 kilomètres de route qui me séparaient de Saint-Louis dans le noir.
Toutefois, j’ai pu remarquer que la végétation était plus dense, mais bon, faut pas être sorti de Saint-Cyr pour s’en douter.
Plutôt que de traverser à Rosso le fleuve Sénégal qui fait office de frontière, j’ai choisi l’option « barrage de Diama », à une centaine de bornes plus à l’ouest, ce qui a eu le double effet positif de m’éviter des formalités de douanes au parfum d’escroquerie de Rosso, et de longer par la piste le parc naturel de Diawling, paradis pour les oiseaux migrateurs et les phacochères sauvages. Mes premiers cochons depuis plus de 6 mois !!!
Un avant goût du monde sauvage et reculé ? Je n’en sais rien, mais ce que je peux te dire, c’est que j’ai pris un pied d’enfer ; et accessoirement quelques photos qui ne pourront jamais refléter l’atmosphère et les bruits de la nature.
Pour l’heure, je repose mes jambes dans la piscine du camping Dior, à Saint-Louis. J’ai pu me refaire une beauté dans des sanitaires dont l’absence se faisait olfactivement sentir ces 3 derniers jours. Que veux-tu … il arrive un moment ou l’aventurier solitaire doit choisir entre boisson et toilette. T’aurais fait quoi à ma place ?
Philoche
Nouvelles du 25 mars :
« J’allais dire « mon rythme de vie ralentit ». Mais c’est quoi au juste le véritable rythme de vie ? Peut-être que mon rythme de vie revient seulement à la normale après tout et que jusqu’à présent j’étais en sur-régime ?
En tout cas, je suis là, à écrire ces quelques lignes alors que je devrais déjà être sur la route à pédaler plein sud pour passer la frontière Sénégalaise avant l’expiration de mon visa. J’ai la flemme mais va bien falloir y aller pourtant.
J’ai bien dit « flemme » et pas « démotivation », hein. Pas de confusion. Car je viens de croiser, pour la 3ème fois en 1 mois, un routard russe qui vient de perdre cette motivation et remonte vers le nord. pourvu que ça ne m’arrive pas ; Dieu m’en préserve.
Donc si tout se passe comme ça semble s’engager, le temps de plier la tente, ranger le matériel, filtrer mon eau, faire quelques provisions, dire au revoir … je vais partir aux heures les plus chaudes de la journée ; celles où en général il est préférable de faire la sieste. Tiens … la sieste, ça c’est une bonne idée ! »
Nouvelles du 21 mars :
« J’étais heureux, pour ne pas dire fier, d’avoir traversé le Sahara Occidental sans encombre. Il faisait chaud, mais les 800 km étaient jalonnés de points de ravitaillement suffisamment rapprochés pour être adaptés à la pratique du vélo.
Or la notion de chaleur est toute relative et je l’ai constaté à mes dépens ces 3 derniers jours.
450 km séparent Atar, (dans l’Adrar, Mauritanie) de Nouackchott, la capitale administrative. 450 km de désert avec seulement 2 points de ravitaillement et une chaleur accablante. En plus, les arbres se faisaient de plus en plus rares au fur et à mesure que j’avançais. Les seules zones d’ombre étaient dans ma tête.
Le simple fait de boire de l’eau fraiche relevait de l’utopie. Tout était chaud. Le pain, les boîtes de sardines et de thon, les fruits, les vaches qui rit, les dattes.
J’ai mis un point d’honneur à couvrir la distance sur 3 jours mais j’en ai souffert.
Plus jamais ça ! »
Voici des extraits d’un message de Philippe du 9 mars. Il parle de sa rencontre avec les élèves de Chinguitti :
Bonjour les amis,
… J’ai rendu visite aux élèves de 5° et 6° année à l’école de Chinguitti, dans l’Adrar (Mauritanie). Cela s’est très bien passé… Ils ont quand même fait un exposé sur la désertification et la menace sur le palmier-dattier. C’est moi qui ai dû prendre les photos car ils n’ont pas d’appareil photo…
Ils ne sont pas équipés en informatique par manque de moyen. Par contre ils ont apparemment les compétences et se disent prêts à rallier la communauté de la Météo des Écoles pour peu qu’on les équipe du matériel.
Aussi, je me demande à quel point nous ne pourrions pas lancer un appel général à la solidarité par l’intermédiaire de la Météo des Écoles et voir si de généreux donateurs ne seraient pas disposés à se débarrasser de leurs vieux ordinateurs au profit des futures écoles que je vais visiter . L’association Cyclafrica pourrait dès lors se charger de l’acheminement. C’est possible selon vous ou je délire trop ? Une collecte de vieux livres et fournitures scolaires ne serait d’ailleurs pas superflue non plus. Là encore j’aimerais avoir votre avis.
J’ai prévu de rencontrer les élèves de 5° et 6° année d’une école à Atar dimanche prochain. J’ai déjà parlé avec le directeur et l’instituteur de français.
Quant à la troisième école de Tavoujar, je ne les rencontrerai pas car c’est trop compliqué. Ils sont au bout du monde, accessibles uniquement en 4×4, pas d’eau courante, pas d’électricité …
Voilà pour le moment. Je finis la mise en page de l’exposé et j’écris dans la foulée un petit mot à mettre sur le site de Pierrot.
A bientôt.
Philippe
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Bonjour la Météo des Écoles. Je vous écris depuis Atar, une ville de Mauritanie, dans le région de l’Adrar. La Mauritanie est une ancienne colonie française aujourd’hui indépendante. C’est à la fois un grand et un petit pays. Grand, parce que sa superficie représente deux fois celle de la France, et petit, parce que seulement 3 millions d’habitants y vivent, soit la population d’une région comme la Bretagne. |
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Cette faible densité est due au désert du Sahara qui compose la majorité du territoire et dans lequel les surfaces arides rendent la vie très difficile. Les paysages de Mauritanie sont magnifiques et, en temps normal, attirent les touristes. Mais des actes terroristes ont eu lieu dernièrement et le pays n’est plus beaucoup visité. Mais rassurez-vous, Pierrot et moi sommes en sécurité. Pour arriver en Mauritanie, j’ai dû passer par le Sahara Occidental où une route goudronnée longe la mer sur 800 kilomètres. Les villes sont souvent espacées d’une centaine de kilomètres. Entre elles, il n’y a rien, ou presque. Quelques villages de pêcheurs constitués essentiellement de tentes, des chèvres et des dromadaires gardés par des sahraouis. C’est tout. |
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La première ville de Mauritanie que j’ai rencontrée s’appelle Nouadhibou. C’est la capitale économique (à ne pas confondre avec la capitale administrative Nouakchott que je visiterai dans quelques jours).
Je suis resté 2 jours à Nouadhibou pour visiter et surtout me reposer, car la traversée du Sahara Occidental est très éprouvante pour l’organisme. Ensuite je suis parti pour la région de l’Adrar afin de rendre visite à deux écoles, à Chinguitti et Atar.
Après, il m’a fallu deux jours pour arriver à Atar en passant par une piste qui traverse le désert. C’était très difficile parce que le vélo s’enfonçait dans le sable et je devais souvent en descendre afin de le pousser sous un soleil de plomb. En plus, le vélo était lourd avec toute l’eau que je transportait pour m’hydrater convenablement.
Au moment où je vous écris ces lignes, Pierrot et moi avons déjà rendu visite à une école de Chinguitti, plus à l’est. C’est une petite ville menacée par la progression du désert et les élèves m’ont parlé de l’impact de la désertification, notamment sur le palmier-dattier. Vous pouvez trouver leur dossier dans la rubrique « exposés ».
Demain, je rendrai visite aux élèves d’une école, ici, à Atar, et après je reprendrai la route jusqu’à Nouakchott, puis le Sénégal. Mais c’est une autre histoire …
A bientôt pour de nouvelles aventures.
Philippe … et Pierrot
Le 26 janvier Philoche a écrit sur son compte Facebook :
J’ai quitté Casablanca lundi midi. 2 jours et 250 km plus tard me voici à l’entrée de Marrakech, dans un camping. Aujourd’hui j’ai reposé un organisme très sollicité et essayé de mettre en ligne l’album photos du … Portugal. Oui je sais. Mais tout vient à point à qui sait attendre. 6 heures pour envoyer 50 photos. Vive l’ADSl !
Le 20 janvier Philoche a écrit sur son compte Facebook :
«J’écris depuis Rabat. Il est 11h30 et dans 2h30 j’aurai mon visa Mauritanien, après quoi, je prends illico presto la route pour Casa. 100km à fond les ballons. Arrivée dans la nuit garantie.
Je serai reçu par Saïda et Claude. Je prévois d’y passer le week-end après je fonds sur Marrakech pour y retrouver Marie-Jo, une cousine du Québec… rencontrée au Portugal et qui vient passer une semaine de vacance avec sa fille.»
Le 15 janvier, Philoche nous a transmis ce message :
«C’est avec un manque de réactivité évident, mais un cœur gros comme ça que je vous souhaite à tous une bonne année 2011. On remet les compteurs à zéro, on oublie les tracasseries de 2010 et on repart de plus belle !
En ce qui me concerne, les tracasseries de 2010 continuent en 2011 puisque je n’ai toujours pas reçu les pièces de rech…ange de ma tente. Et pour cause … elles ne sont jamais parties de France !!!!
Je reprends donc la route lundi matin pour Rabat afin de faire mon visa pour la Mauritanie. Ensuite, j’espère être à Casablanca jeudi soir pour rencontrer Claude (Sarah) qui a organisé mes visites d’écoles en Mauritanie ; puis Marrakech en début de semaine suivante où je dois retrouver ma cops Marie-Jo
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